Deux formes de déshumanisation

Publié le par Réflexion contemporaine



Première forme: la barbarie anti-sociale

Il y a des contraintes naturelles productrices de contraintes éthiques. Mais si l'on ne peut échapper aux premières, on peut en revanche tomber dans la négation des secondes.
L'homme naît d'une sociabilité première: l'union. Il n'est jamais un individu isolé. Son entrée dans le monde de la vie est une entrée dans le monde de la sociabilité, aussi défaillante et difficile soit-elle. Or, la sociabilité naturelle entre en contradiction avec la persévérance dans l'être, et nécessite ainsi l'investissement commun de l'ordre éthique. Ce qui va à l'encontre de l'éthique va à l'encontre de la condition naturelle par laquelle l'homme entre dans l'ouvert du monde.

Mais cette encontre reste un possible, dans lequel l'individu en quête d'un accroissement de sa puissance s'engouffre toujours d'une façon ou d'une autre. C'est pourquoi l'éthique parie sur l'idée d'un individu "récupérable", notamment par l'édification morale et le pouvoir des institutions communes. Autrement, lorsque les individus ne se laissent pas récupérer par l'ordre éthique, surgit le désordre de la barbarie anti-sociale. Sous les formes de la sédition, de l'individualisme agressif et de la violence gratuite. Si l'individu laisse son instinct de domination couvrir la voix de l'éthique qui l'appelle, le risque n'est plus l'animalité mais la bestialité. C'est pour pallier à ce risque que la société s'organise et érige ses institutions.

Deuxième forme: l'idéologie post-humaniste

Outre sa sociabilité naturelle, l'homme est un être de technique. Son savoir s'élabore par le travail et la maîtrise de la nature, qui lui permettent de produire un monde matériel de plus en plus sophistiqué.
En tant qu'il est doué de raison, l'homme utilise sa rationalité de façon instrumentale, afin de se créer un confort toujours perfectible. Il est banal (mais point inutile) de constater que le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui est le produit d'une technicisation paroxystique, que n'auraient su imaginé nos ancêtres il y a mille ans. On sait les problèmes écologiques que cela pose, mais on sait aussi l'intérêt vital qu'on en tire, et en conséquent, nous avons une conscience assez aiguisée et inquiète du paradoxe des effets de la technique.

Ce qui est le plus inquiétant, ce qui nous échappe et nous projette dans une incertitude absolue quant au monde-à-venir, c'est le fait d'une technicité échappant précisément à notre maîtrise. L'histoire humaine pourrait se trouver considérablement bouleversée par les avancées scientifiques visant à toucher l'intouchable: l'homme et sa vie. On pourrait évoquer les débats sur le clonage, sur l'intelligence artificielle ou sur la machinisation qui prend de plus en plus d'ampleur. L'homme a peur de l'hubris dont les conséquences sont réputées désastreuses. L'idéologie scientiste, qui n'a pas perdu de son influence (cf. les sciences cognitives aujourd'hui), rêve d'une post-humanité qui ressemblerait plutôt à une dés-humanité. La nouvelle race d'humanoïdes, débarrassée de l'imperfection caractérisant notre espèce. D'où l'intérêt et l'importance extrême que revêtent aujourd'hui les débats sur la bioéthique.
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Publié dans politique

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E
Bonjour, nouveau concept d'exposition sur web www.icidexpos.com bonne visite amicalement Eddie.
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